RUSSIE - Actualité (1990-1996)


RUSSIE - Actualité (1990-1996)
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Fédération de Russie

Politique intérieure

Jusqu’au 8 décembre 1991, tous les faits mentionnés concernent l’U.R.S.S.

Le 12 mars 1990, le Congrès des députés du peuple adopte les amendements constitutionnels instaurant un régime présidentiel, la propriété privée et le pluralisme politique. Le 15, Mikhaïl Gorbatchev, président du Soviet suprême et secrétaire général du comité central du Parti communiste de l’Union soviétique (P.C.U.S.), est proclamé président de l’Union soviétique.

Le 23 mars, les chars soviétiques pénètrent dans Vilnius après que le Parlement de Lituanie eut proclamé l’indépendance de la république (11 mars), décision jugée illégale par Mikhaïl Gorbatchev. Le 3 avril, le Parlement soviétique adopte la première loi sur les modalités de sécession d’une république fédérée. Le 17, l’U.R.S.S. met ses menaces de blocus à exécution et réduit de 85 p. 100 les livraisons de gaz à la Lituanie, puis, le 19, interrompt celles de pétrole.

Le 29 mai, Boris Eltsine est élu président du Parlement de la fédération de Russie.

Le 12 juin, le Parlement de la fédération de Russie proclame la «souveraineté d’État» de la république.

Le 29 juin, les députés lituaniens votent la suspension de la déclaration d’indépendance. Moscou lève l’embargo.

Le 2 juillet s’ouvre le XXVIIIe congrès du P.C.U.S., à Moscou. Le 10, Mikhaïl Gorbatchev est réélu secrétaire général. Le 12, Boris Eltsine annonce sa démission du parti. Le 16, le Parlement d’Ukraine proclame la souveraineté de la république, imité le 27 par le Parlement de Biélorussie.

Le 13 août, un décret de Mikhaïl Gorbatchev réhabilite l’ensemble des victimes des répressions politiques du milieu des années 1920 aux années 1950. Le 15, un décret annule toutes les privations de citoyenneté soviétique prononcées de 1966 à 1988.

Le 23 août, les républiques d’Arménie et du Turkménistan proclament leur souveraineté. La république du Tadjikistan fait de même, le 24.

En janvier 1991, épreuve de force entre l’armée et les nationalistes en Lettonie et en Lituanie. L’armée donne l’assaut à des bâtiments publics à Vilnius et à Riga, tuant plusieurs personnes. Mikhaïl Gorbatchev rejette toute responsabilité dans ces événements.

Le 14 janvier, le Soviet suprême élit, sur proposition de Mikhaïl Gorbatchev, Valentin Pavlov au poste de Premier ministre, en remplacement de Nicolaï Ryjkov.

Le 17 mars, le référendum sur le «maintien d’une Union rénovée», organisé dans 9 des 15 républiques, recueille 76 p. 100 de oui.

Le 23 avril, 9 républiques signent avec Mikhaïl Gorbatchev une «déclaration commune»: respect de l’ordre constitutionnel, signature du traité de l’Union et application du plan anticrise (désétatisation, démonopolisation, privatisations).

En mai, l’armée soviétique lance plusieurs assauts en Arménie.

Le 20 mai, le Parlement soviétique vote une loi légalisant l’émigration à partir du 1er janvier 1993.

Le 12 juin, les Russes élisent pour la première fois leur président au suffrage universel. Boris Eltsine l’emporte au premier tour avec 57,3 p. 100 des voix. La surprise provient du bon score de Vladimir Jirinovski, candidat ultranationaliste (7,8 p. 100 des suffrages). Le 17, un accord sur l’ensemble du projet de traité de l’Union est conclu entre Mikhaïl Gorbatchev et les présidents de 9 républiques.

Le 19 août, à la veille de la signature du traité assouplissant les structures fédérales, l’agence Tass annonce le remplacement de Mikhaïl Gorbatchev, «incapable d’assurer ses fonctions pour raisons de santé», par le vice-président Guennedi Ianaev. Le président soviétique est retenu dans sa résidence de Crimée. Un «comité d’État» de 8 membres, dont le Premier ministre Valentin Pavlov, Boris Pougo, ministre de l’Intérieur, Vladimir Krioutchkov, président du K.G.B., et le maréchal Dimitri Iazov, ministre de la Défense, décrète l’état d’urgence. Des blindés prennent position autour du Parlement de la république de Russie (la Maison-Blanche), dans lequel Boris Eltsine se retranche, personnifiant la résistance aux forces conservatrices. Le coup de force est critiqué par la plupart des pays (sauf l’Irak et la Libye). Les États-Unis puis les Douze suspendent leur aide économique. Le 21, l’agence Tass annonce la dissolution du comité d’État : le putsch a échoué. Boris Pougo se suicide et 7 autres conjurés sont arrêtés. Mikhaïl Gorbatchev regagne Moscou dans la nuit du 21 au 22. Souhaitant une nouvelle «alliance» avec les forces démocratiques menées par le président russe, il continue cependant à défendre l’idée d’une réforme du P.C. Ces propos paraissent dépassés, alors qu’éclatent partout des manifestations d’hostilité au parti. Le 23, Boris Eltsine suspend les activités du P.C. sur le territoire russe. Le 25, le comité central du P.C.U.S. prononce sa dissolution, conformément au vœu exprimé la veille par Mikhaïl Gorbatchev. Le 29, le Soviet suprême se dissout.

Les républiques profitent de l’affaiblissement du pouvoir central pour proclamer leur indépendance (l’Estonie le 20 août, la Lettonie le 21, l’Ukraine le 24, la Biélorussie le 25, la Moldavie le 27, l’Azerbaïdjan le 30, le Kirghizstan et l’Ouzbékistan le 31, le Tadjikistan le 9 septembre).

Le 5 septembre, les nouvelles institutions, à caractère transitoire, sont ratifiées par le Congrès. Le 6, la première décision du Conseil d’État soviétique est de reconnaître l’indépendance des 3 républiques Baltes. Le même jour, le présidium du Parlement de Russie décide de redonner à Leningrad son nom de Saint-Pétersbourg.

Le 17 septembre, Alexandre Soljenitsyne est blanchi de l’accusation de «trahison» qui avait provoqué son exil en 1974.

Le 11 octobre, le Conseil d’État dissout le K.G.B. Le 18, les représentants de 8 républiques signent à Moscou le projet de traité d’union économique.

Le 1er novembre, le Parlement russe accorde à Boris Eltsine les pouvoirs spéciaux qu’il avait demandés le 28 octobre en présentant son programme économique. Le 6, l’Ukraine et la Moldavie signent le traité d’union économique. Le 25, le report de la signature du traité d’union politique, qui doit transformer l’ex-U.R.S.S. en «Union d’États souverains», constitue un nouvel échec pour Mikhaïl Gorbatchev.

Le 8 décembre, Boris Eltsine, Stanislas Chouchkevitch et Leonid Kravtchouk, présidents des républiques de Russie, de Biélorussie et d’Ukraine, réunis à Minsk (Biélorussie), signent un accord créant la Communauté des États indépendants (C.E.I.) : l’U.R.S.S. a cessé d’exister. Le 13, les 5 républiques d’Asie centrale se rallient à cette idée. Le 21, à Alma-Ata (Kazakhstan), 11 des ex-républiques soviétiques signent un accord entérinant la disparition de l’U.R.S.S.: à l’exception des 3 républiques Baltes et de la Géorgie, toutes adhèrent à la C.E.I. La Russie s’approprie le siège de l’U.R.S.S. au Conseil de sécurité des Nations unies. Le 25, Mikhaïl Gorbatchev annonce sa démission. Le 30, à Minsk, les présidents de la C.E.I. s’accordent sur un commandement unique des forces stratégiques et conventionnelles.

Le 31 mars 1992, le Tatarstan et la Tchétchénie refusent de signer le traité, présenté par Boris Eltsine, qui définit les rapports entre Moscou et les 20 régions ou républiques composant la fédération de Russie.

Le 1er décembre s’ouvre à Moscou le Congrès des députés de Russie. Le 14, Boris Eltsine et le président du Congrès Rouslan Khasboulatov, conservateur, parviennent à un compromis. Un référendum aura lieu sur les principes de la future Constitution. Le Parlement renonce au droit qu’il s’était arrogé de bloquer les décrets présidentiels. Boris Eltsine accepte que le centriste Viktor Tchernomyrdine remplace au poste de Premier ministre Egor Gaïdar, principal artisan de la réforme économique libérale.

Réuni du 10 au 13 mars 1993, le Congrès des députés refuse la prorogation des pouvoirs exceptionnels de Boris Eltsine ainsi que l’organisation d’un référendum institutionnel. Le 20, le président russe annonce son intention de gouverner par décrets jusqu’à l’organisation d’un plébiscite en avril. Le 21, le Parlement dénonce cette «atteinte aux fondements de la Constitution». Le 23, la Cour constitutionnelle de Russie juge la déclaration présidentielle contraire à la Constitution. Le 29, le Congrès abandonne le projet de destitution présidentielle. Les députés approuvent le référendum, dont ils dictent les conditions.

Le 25 avril, les Russes accordent à 58,09 p. 100 leur confiance au président Eltsine. Ils se déclarent favorables (52,88 p. 100) à la politique économique et sociale. Ils approuvent l’organisation d’une élection présidentielle anticipée (32,64 p. 100) et la tenue d’élections législatives anticipées (41,40 p. 100). Le taux de participation s’élève à 64,6 p. 100.

Le 16 septembre, Boris Eltsine annonce le retour au gouvernement d’Egor Gaïdar. Le 21, Boris Eltsine dissout le Parlement et convoque des élections législatives anticipées. Dénonçant ce «coup d’État», les parlementaires prononcent la destitution du chef de l’État et son remplacement par le vice-président Alexandre Routskoï. Boris Eltsine reçoit le soutien du Premier ministre, du ministre de la Défense Pavel Gratchev et du ministre de l’Intérieur Viktor Erine, ainsi que de la communauté internationale. Le 23, Boris Eltsine annonce l’organisation d’une élection présidentielle en juin 1994. Le 24, il reçoit le soutien des chefs d’État de la C.E.I. Le 28, des manifestants favorables aux parlementaires se heurtent aux forces de l’ordre qui assiègent le Parlement. Le 3 octobre, à la demande d’Alexandre Routskoï, des manifestants occupent la mairie de Moscou et tentent d’envahir l’immeuble de la télévision. Les affrontements sont meurtriers. L’état d’urgence est décrété. Le 4, l’armée donne l’assaut à la Maison-Blanche. Alexandre Routskoï et Rouslan Khasboulatov se rendent. Le bilan officiel des troubles est de 142 morts. Des centaines d’opposants sont arrêtés et la censure de la presse conservatrice établie. Le 7, Boris Eltsine suspend la Cour constitutionnelle. Les 16 et 17 sont fondés le Choix de la Russie puis le Parti de l’unité et de la concorde russes, formations favorables à Boris Eltsine. Le 18, l’état d’urgence est levé à Moscou.

Le 12 décembre, les électeurs doivent se prononcer par référendum sur le projet de Constitution présenté par Boris Eltsine, qui consacre la primauté du président sur le pouvoir législatif et celle du pouvoir central sur les organes fédérés. Ils doivent également élire un Parlement bicaméral composé du Conseil de la fédération et de la Douma d’État; 58,4 p. 100 des électeurs approuvent la nouvelle Constitution. À la Douma d’État, le Choix de la Russie obtient 76 sièges sur 450 et le Parti libéral démocrate (ultranationaliste) de Vladimir Jirinovski, 63. Le Parti agraire (conservateur) obtient 55 sièges, le Parti communiste (conservateur) 45, le Parti de l’unité et de la concorde, 30, Femmes de Russie, 23, le Bloc Iavlinski-Boldyrev-Lukin (centriste), 15, et la Nouvelle Politique régionale, 65. Le nouveau Parlement apparaît aussi peu favorable au président Eltsine que le précédent, mais la forte diminution de ses pouvoirs l’empêchera de jouer le rôle de frein. Boris Eltsine renonce à sa proposition d’élection présidentielle en 1994 et entend aller jusqu’au terme de son mandat en juin 1996.

Le 13 janvier 1994, Vladimir Choumieïko, un proche du président Boris Eltsine, est élu à la tête du Conseil de la fédération. Le 14, la nouvelle Douma élit à sa présidence Ivan Rybkine, membre du Parti agraire. Le 17, lors de l’élection des présidents de commission, les «libéraux-démocrates» de l’ultranationaliste Vladimir Jirinovski sont écartés des postes clés.

Le 16 janvier, Egor Gaïdar, premier vice-Premier ministre chargé de l’Économie et chef de file des réformateurs libéraux, a présenté sa démission du gouvernement de Viktor Tchernomyrdine avec lequel il se trouve en désaccord.

Le 23 février, jour de la fête de l’Armée rouge célébrée par les communistes et les ultranationalistes, la Douma à majorité conservatrice vote l’amnistie des responsables de la tentative de putsch d’août 1991 et des «insurgés» du Parlement d’octobre 1993; le 26, Rouslan Khasboulatov et Alexandre Routskoï sont libérés.

Le 27 mai, l’écrivain dissident Alexandre Soljenitsyne est de retour en Russie après 20 ans d’exil forcé.

Le 11 août, le président indépendantiste de la république russe de Tchétchénie, Djokhar Doudaev, décrète la mobilisation générale devant l’«agression russe». La Tchétchénie, qui s’est déclarée indépendante en 1991, au moment de l’éclatement de l’U.R.S.S., est soumise à un blocus de la part de Moscou depuis 1992. Un Conseil provisoire représentant une partie de l’opposition au régime indépendantiste avait annoncé, le 2, depuis Moscou, la destitution du président Doudaev.

Le 2 septembre, des combats opposent les troupes gouvernementales tchétchènes à celles du Conseil provisoire, dans le nord de la République. Le 3, Moscou demande à Djokhar Doudaev de démissionner.

Le 17 octobre, le rédacteur en chef adjoint du quotidien à grand tirage Moskovski Komsolets , Dimitri Kolokov, est tué par l’explosion d’un colis piégé. Il enquêtait sur des trafics d’armes et de matériels au sein des troupes russes stationnées en Allemagne. Ses obsèques, le 20, donnent lieu à une manifestation contre l’«arbitraire» que le pouvoir laisse régner dans le pays. Le 1er novembre, Boris Eltsine limoge le vice-ministre de la Défense Matvei Bourlakov, ancien commandant en chef des troupes russes en Allemagne.

Le 1er décembre expire l’ultimatum adressé par Moscou aux belligérants tchétchènes. Le 9, Boris Eltsine signe un décret qui autorise le gouvernement à user de «tous les moyens» pour rétablir l’ordre constitutionnel en Tchétchénie. Le 11, les troupes russes pénètrent dans la République indépendantiste où elles rencontrent une résistance inattendue. L’intervention suscite les critiques de l’opinion et d’une partie de la classe politique russes ainsi que des capitales occidentales. Grozny est bombardée, mais les assauts russes contre la capitale tchétchène échouent.

Le 6 janvier 1995, Boris Eltsine charge le Premier ministre, Viktor Tchernomyrdine, d’engager des négociations avec les indépendantistes tchétchènes. Mais, le 17, il affirme son refus de négocier avec Djokhar Doudaev.

Le 19 janvier, les troupes russes investissent le palais présidentiel de Grozny abandonné par Djokhar Doudaev. Les combats s’étendent à l’ensemble de la République. Le 30, Moscou décide d’instaurer une administration directe en Tchétchénie.

Le 16 février, le président Eltsine reconnaît les lourdes pertes et les violations des droits de l’homme en Tchétchénie, qu’il attribue à l’impréparation de l’armée. Le 21, les blindés russes encerclent totalement Grozny. Dans le courant du mois de mars, les forces russes prendront le contrôle des grandes villes de la République. Les rebelles se replient dans les montagnes.

Le 26 avril, Boris Eltsine signe un moratoire sur les opérations militaires en Tchétchénie, dans la perspective des cérémonies du cinquantième anniversaire de la capitulation nazie, qui doivent se dérouler notamment à Moscou. Celui-ci n’est pas respecté.

Le 28 avril, un séisme détruit la ville de Neftegorsk, sur l’île de Sakhaline, faisant plus de 2 000 morts.

Le 14 juin, un commando tchétchène dirigé par Chamil Bassaev investit la ville de Boudennovsk, à une centaine de kilomètres au nord de la république de Tchétchénie, dans le but d’obtenir la fin des combats qui opposent les troupes russes aux forces indépendantistes. Le commando se replie dans l’hôpital où il retient un millier de personnes en otage et résiste, le 17, à l’assaut des forces russes. Le 18, Viktor Tchernomyrdine accepte les conditions des Tchétchènes: il promet un cessez-le-feu en Tchétchénie, l’ouverture de négociations et un sauf-conduit aux membres du commando. Le 19, le commando quitte Boudennovsk tandis que des négociations s’engagent à Grozny, sous l’égide de l’O.S.C.E.

Le 21 juin, la Douma adopte, pour la première fois, une motion de censure contre le gouvernement, au sujet des événements de Boudennovsk.

Le 1er juillet, Boris Eltsine accepte la démission des ministres de l’Intérieur, de la Sécurité et des Nationalités. Le même jour, la Douma rejette la deuxième motion de censure qui aurait pu faire tomber le gouvernement.

Le 30 juillet, les belligérants russes et tchétchènes parviennent à un accord militaire qui prévoit un retrait partiel des troupes russes et le désarmement par étapes des indépendantistes. Un début d’application lui sera donné le 16 août.

Le même jour, la Cour constitutionnelle rend public un arrêt qui déclare conforme à la Loi fondamentale le décret présidentiel qui avait ordonné l’intervention armée en Tchétchénie.

Le 31 juillet, Boris Eltsine dissout la commission des droits de l’homme auprès du Kremlin, qui était dirigée par Sergueï Kovalev, hostile à l’intervention russe en Tchétchénie.

Le 9 octobre, à la suite de l’attentat qui a grièvement blessé le général Anatoli Romanov, commandant en chef des forces russes en Tchétchénie, Moscou suspend le retrait de ses troupes. Les combats reprendront progressivement à la fin de l’année, à l’occasion des élections législatives.

Le 17 décembre, le Parti communiste de Guennadi Ziouganov remporte les élections législatives, avec 22,31 p. 100 des suffrages au scrutin proportionnel. Il précède la formation ultranationaliste de Vladimir Jirinovski qui recueille 11,06 p. 100 des voix. Notre Maison la Russie, du Premier ministre Viktor Tchernomyrdine, obtient 9,89 p. 100 des suffrages et le mouvement d’opposition réformateur Iabloko de Grigori Iavlinski, 6,93 p. 100. Avec leurs alliés, les communistes frôlent la majorité. En Tchétchénie, les élections donnent lieu à des fraudes massives.

Le 5 janvier 1996, le président Eltsine accepte la démission du ministre des Affaires étrangères Andreï Kozyrev, qui se trouvait en butte à l’hostilité des nationalistes et des communistes ainsi qu’à celle des démocrates. Le 9, il nomme à sa place Evgueni Primakov, qui était chef du service de contre-espionnage.

Le 9 janvier, un commando tchétchène dirigé par Salman Radouev investit Kizliar, une ville du Daghestan proche de la frontière avec la Tchétchénie, et se retranche dans l’hôpital avec 2 000 otages. Ils réclament l’arrêt de l’intervention russe en Tchétchénie. Le repli des rebelles vers leur république s’achèvera le 24 avec la libération des otages, malgré la tentative de l’armée russe de couper leur retraite.

Le 16 janvier, Boris Eltsine congédie le vice-Premier ministre Anatoli Tchoubaïs, l’un des principaux artisans des réformes économiques. Celui-ci est remplacé par Vladimir Kadannikov, directeur des usines Lada.

Le 4 février, plus de 35 000 Tchétchènes se rassemblent à Grozny pour réclamer le départ des troupes russes. Un millier de personnes continuent de manifester sur place jusqu’au 11.

Le 15 février, Boris Eltsine annonce sa candidature à l’élection présidentielle.

Le 21 avril, alors que les combats et les bombardements redoublent en Tchétchénie, le «président» Djokhar Doudaev est tué. Le «vice-président» Zelimkhan Iandarbiev, un idéologue, lui succède.

Le 10 juin, les négociations entamées le 4 à Nazran, en Ingouchie, aboutissent à la signature d’un accord de paix en Tchétchénie, après l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 31 mai. La poursuite de la guerre hypothéquait les chances de victoire de Boris Eltsine à l’élection présidentielle.

Le 16 juin se déroule le premier tour de la première élection présidentielle au suffrage universel jamais organisée dans le pays. Avec 35,28 p. 100, Boris Eltsine devance de peu le leader communiste Guennadi Ziouganov, qui obtient 32,04 p. 100 des voix; la surprise provient du score réalisé par le général Alexandre Lebed, nationaliste modéré: 14,5 p. 100 des suffrages; le réformateur Gregori Iavlinski en recueille 7,34 p. 100 et l’ultranationaliste Vladimir Jirinovski, 5,7 p. 100. Le 18, le général Lebed se rallie au président Eltsine, qui le nomme «secrétaire» – chef – du Conseil de sécurité. Dans le même temps, Boris Eltsine limoge la plupart des représentants de l’«aile dure» du camp présidentiel, dont le général Gratchev, ministre de la Défense, le général Korjakov, chef de sa garde personnelle, et le chef du F.S.B. (ex-K.G.B.). Le 3 juillet, Boris Eltsine remporte le second tour de l’élection présidentielle, avec 53,8 p. 100 des suffrages, contre 40,3 p. 100 à son adversaire communiste. Il confirme Viktor Tchernomyrdine au poste de Premier ministre et nommera, le 15, Anatoli Tchoubaïs à la tête de l’administration présidentielle.

Le 9 juillet, les bombardements reprennent en Tchétchénie.

Le 6 août, les Tchétchènes engagent une offensive contre la capitale, Grozny, qu’ils contrôlent rapidement.

Le 31 août, au terme d’une partie de bras de fer entre le général Lebed, nommé le 10 représentant spécial du président Eltsine en Tchétchénie, et les responsables militaires russes, un accord de paix est signé, au Daghestan, entre le secrétaire du Conseil de sécurité et le chef militaire tchétchène Aslan Maskhadov. Le texte prévoit le retrait des forces russes et l’organisation d’élections libres, et repousse la définition du statut de la république au 31 décembre 2001, tout en reconnaissant le droit à l’autodétermination des Tchétchènes. Le conflit qui a débuté en décembre 1994 a causé la mort de 40 000 à 60 000 Tchétchènes et celle de 5 000 à 10 000 soldats russes. L’accord est vivement critiqué à Moscou.

Le 5 septembre, Boris Eltsine annonce qu’il devra bientôt subir une intervention chirurgicale nécessitée par des problèmes cardiaques. On apprend que le chef de l’État a été victime d’un quatrième infarctus en un an entre les 2 tours de l’élection présidentielle. Il multiplie depuis lors les périodes de repos.

Le 17 octobre, au lendemain des accusations du ministre de l’Intérieur relatives au «complot» que le général Lebed fomenterait au sein des forces armées, Boris Eltsine limoge le secrétaire du Conseil de sécurité qui aurait commis «une série d’erreurs inadmissibles».

Le 5 novembre, le président Eltsine subit un quintuple pontage coronarien.

Le 23 novembre, le chef de l’État ordonne le retrait total des forces russes de Tchétchénie – l’acccord d’août prévoyait que deux brigades devaient rester stationnées dans la république sécessionniste.

Vie économique

Jusqu’au 8 décembre 1991, tous les faits mentionnés concernent l’U.R.S.S.

Le 24 mai 1990, le Premier ministre, Nicolaï Ryjkov, présente devant le Soviet suprême un plan de réformes économiques visant à passer à «l’économie de marché planifiée». Il est jugé trop timide par les radicaux. Le 3 septembre, la pénurie de pain se fait sentir à Moscou pour la première fois depuis 25 ans. Le 24, les députés autorisent Mikhaïl Gorbatchev à légiférer par décrets pour introduire, en 18 mois, l’économie de marché. Le 19 octobre, le Soviet suprême adopte le projet de réforme économique, réalisant la synthèse des conceptions du Premier ministre et de celles de Stanislas Chataline, principal conseiller économique du président. Il prévoit un passage à l’économie de marché en 4 étapes échelonnées sur 2 ans. Le 1er novembre, le rouble est dévalué de 66 p. 100. L’économie soviétique offre le spectacle d’un effondrement, marqué par les ruptures d’approvisionnement dans les centres urbains. La gravité de ces événements justifie des aides massives des États-Unis, de la C.E.E. et du Japon. L’amélioration des possibilités d’émigration pour les juifs soviétiques permet la suspension provisoire, le 12 décembre, de l’amendement Jackson-Vanik, qui avait retiré à l’U.R.S.S. le bénéfice de la clause de la nation la plus favorisée accordée par les États-Unis.

En 1991, la situation se caractérise, selon l’O.C.D.E., «par la désintégration économique des républiques, la rupture des circuits traditionnels de distribution et la plongée dans l’hyperinflation du fait de l’effondrement des mécanismes de contrôle monétaire et budgétaire». Cette désintégration s’accentue en l’absence d’un programme de réformes cohérent.

En 1992, la situation continue de se dégrader et les perspectives de redressement sont obscurcies par l’instabilité politique. Le 2 janvier, le gouvernement met en œuvre le plan de stabilisation annoncé le 28 octobre 1991 par Boris Eltsine: libération de 80 à 90 p. 100 des prix de gros et de détail, libéralisation du commerce extérieur, lancement du programme de privatisations, forte dévaluation du rouble, réduction du déficit budgétaire par une diminution des crédits de la Défense, des investissements et des subventions. Ces mesures sont complétées, à la mi-mars, par un second volet approuvé par le F.M.I.: convertibilité de la monnaie, unification des taux de change et politique des revenus contraignante. Le 1er avril, les pays du G7 annoncent une aide de 24 milliards de dollars. Le 5 juillet, un accord avec le F.M.I. prévoit l’octroi d’un prêt de 1 milliard de dollars.

En 1993, un premier pas vers le redressement de l’économie se manifeste après l’épreuve de force qui a permis au président russe de triompher de ses opposants conservateurs au Parlement. Boris Eltsine fait avancer la réforme agraire avec le démantèlement des kolkhozes et des sovkhozes. Les relations avec le F.M.I. se dégradent en raison de l’apparente incapacité de Moscou à contrôler l’hyperinflation. Ce facteur compromet le projet de création d’une zone rouble dont les républiques de la C.E.I. se détournent en créant leur propre monnaie.

En 1994, alors que les principaux indicateurs économiques de la Russie restent négatifs, Moscou trouve un accord avec le F.M.I., le 20 avril, sur les conditions à remplir en vue d’obtenir la poursuite de son aide. Celles-ci ne sont pas respectées, en raison tant des luttes d’influence entre conservateurs et réformistes que du laxisme du gouvernement dans la gestion de l’économie. Le 5 juin, Moscou obtient le rééchelonnement de 7 milliards de dollars de dette publique sur un total de 40 milliards. Le 11 octobre, à l’issue d’une crise financière, le rouble perd plus de 20 p. 100 en une journée par rapport au dollar. Le ministre des Finances et le directeur de la banque centrale sont limogés. Le réformateur radical Anatoli Tchoubaïs est nommé premier vice-Premier ministre chargé de superviser les Finances.

L’année 1995 est marquée par les premiers signes d’un retour à la croissance, évolution soutenue par la constance inhabituelle du gouvernement dans l’application de la politique de rigueur. La contraction de l’économie se ralentit; l’inflation poursuit sa décrue. Le 10 mars, le F.M.I. octroie à la Russie un prêt stand-by de 6,8 milliards de dollars. Ce crédit est versé par tranches mensuelles, sur la base d’un audit trimestriel. Le 3 juin, Moscou obtient un nouveau rééchelonnement de sa dette publique auprès des membres du Club de Paris, pour un montant de 7 milliards de dollars. Le 17 novembre, la Russie signe avec ses banques créancières réunies au sein du Club de Londres un rééchelonnement de 25,5 milliards de dollars de dette commerciale et de 7 milliards d’arriérés, sur la base des conditions prévues par le plan Brady. Le processus de stabilisation monétaire mis en place à la suite de la crise d’octobre 1994 aboutit à la définition d’une fourchette à l’intérieur de laquelle doit évoluer la valeur du rouble par rapport au dollar, à partir d’octobre.

L’année 1996 est la septième année de récession en Russie. Les investissements nécessaires à la relance de la production ne sont pas réalisés. Les privatisations piétinent. La collusion entre l’État et quelques grands groupes industriels et financiers monopolistiques empêche toute réforme structurelle. Le surendettement de l’ensemble du système économique explique la progression des activités parallèles, qui représenteraient jusqu’à 50 p. 100 du P.I.B. Le ralentissement de l’inflation et la stabilisation du rouble constituent les seuls points positifs d’un tableau économique très sombre.

Le 22 février, le F.M.I. accorde à la Russie un prêt de 10,2 milliards de dollars au titre de la facilité élargie. L’octroi de ce crédit est lié au respect par Moscou d’engagements en matière d’inflation, de déficit budgétaire et de réformes structurelles.

Le 29 avril, la Russie obtient de ses 18 créanciers publics le rééchelonnement sur 25 ans de ses 40 milliards de dollars de dettes, ce qui constitue la plus importante opération jamais réalisée par le Club de Paris.

Relations internationales

Jusqu’au 8 décembre 1991, tous les faits mentionnés concernent l’U.R.S.S.

Le 26 février 1990, visite du président tchécoslovaque, Václav Havel, à Moscou. Un accord sur le rapatriement, avant le 30 juin 1991, des 73 500 soldats soviétiques installés en Tchécoslovaquie est signé.

Du 23 au 26 mars, le Premier ministre chinois Li Peng se rend à Moscou, pour la première visite officielle d’un chef de gouvernement chinois depuis 25 ans. Plusieurs accords sont signés, dont un sur la réduction des forces militaires le long de la frontière commune.

Le 1er juin, signature à Washington d’un accord sur le désarmement chimique par George Bush et Mikhaïl Gorbatchev.

Le 27 septembre, des relations diplomatiques entre l’U.R.S.S. et la Corée du Sud sont instaurées. Le 30, l’U.R.S.S. et Israël annoncent le rétablissement de relations diplomatiques au niveau consulaire.

Le 15 octobre, le prix Nobel de la paix est attribué à Mikhaïl Gorbatchev.

Les 9 et 10 novembre, Mikhaïl Gorbatchev se rend en Allemagne, un an après l’ouverture du Mur de Berlin. Un traité germano-soviétique de «bon voisinage, partenariat et coopération», paraphé en septembre à Moscou, est signé. Mikhaïl Gorbatchev peut une nouvelle fois constater son immense popularité à l’Ouest, et particulièrement en Allemagne où on lui attribue volontiers la paternité de l’unification.

Du 16 au 18 avril 1991, visite de Mikhaïl Gorbatchev à T 拏ky 拏, la première d’un haut dirigeant soviétique au Japon. Les 2 pays sont les derniers belligérants de la Seconde Guerre mondiale à ne pas avoir signé de traité de paix. La normalisation des relations achoppe sur la question des 4 îles méridionales de l’archipel des Kouriles, occupées depuis 1945 par l’U.R.S.S. et revendiquées par le Japon.

Du 15 au 19 mai, visite de Jiang Zemin, secrétaire général du Parti communiste chinois. Un accord est signé sur le tracé de la partie orientale de la frontière commune.

Le 28 juin, les représentants des 9 pays membres du Comecon prononcent, à Budapest, la dissolution de l’alliance économique créée en 1949.

Le 21 juillet, les présidents russe et moldave signent un accord de règlement pacifique du conflit du Dniestr.

Le 31 juillet, à Moscou, les présidents Gorbatchev et Bush signent le traité S.T.A.R.T. de réduction des armements stratégiques dont la négociation a débuté en 1982.

Le 10 septembre s’ouvre à Moscou une réunion de la C.S.C.E. consacrée aux droits de l’homme.

Le 18 octobre, reprise des relations diplomatiques avec Israël.

Le 5 janvier 1992, le différend qui oppose la Russie et l’Ukraine sur le partage des forces de l’ex-U.R.S.S. s’aggrave à la suite de la décision de l’Ukraine de conserver le contrôle de la flotte de la mer Noire basée à Sébastopol.

Du 5 au 7 février, visite du président russe Boris Eltsine à Paris. Il obtient l’octroi de l’essentiel des crédits destinés à l’U.R.S.S.

Le 6 mai, le commandement militaire unifié de la C.E.I. annonce que les armes nucléaires tactiques basées dans les républiques de l’ex-U.R.S.S. ont toutes été rassemblées en Russie. Le 7, Boris Eltsine signe le décret créant les forces armées russes. Le 15, lors du cinquième sommet de la C.E.I., la Russie, l’Arménie, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan signent un «pacte de sécurité collective».

Le 16 juin, à Washington, George Bush et Boris Eltsine annoncent des réductions inattendues et d’une ampleur sans précédent de leurs armements nucléaires.

Le 3 août, les présidents russe et ukrainien décident de placer la flotte de la mer Noire, pour 3 ans, sous un commandement commun indépendant de celui de la C.E.I.

Le 29 octobre, Boris Eltsine ordonne la suspension du retrait des troupes soviétiques stationnées dans les pays Baltes jusqu’à la signature d’accords portant sur la protection des minorités russes.

Du 14 au 16 décembre, visite à Moscou du chancelier Helmut Kohl. Un accord est conclu sur l’évacuation des hommes de l’ex-armée soviétique du territoire allemand avant le 31 août 1994.

Du 27 au 29 janvier 1993, visite de Boris Eltsine en Inde. Un traité bilatéral d’amitié est signé, après le renouvellement en 1991 du traité d’assistance mutuelle, signé pour 20 ans.

Les 3 et 4 avril, première rencontre, à Vancouver, entre Bill Clinton et Boris Eltsine. Le président américain rend public un programme d’assistance d’un montant de 1,6 milliard de dollars, afin de conforter la position du président russe avant le référendum du 25 avril. Le 13, le gouvernement japonais annonce une aide d’un montant de 1,8 milliard de dollars. Les 14 et 15, à T 拏ky 拏, les membres du G7 accordent à la Russie une aide financière multilatérale d’un montant de 43,4 milliards de dollars qui regroupe diverses mesures décidées en 1992 et 1993.

Le 27 juillet, accord entre le gouvernement géorgien et les séparatistes abkhazes sous l’égide de Moscou. Une force d’interposition essentiellement russe sera déployée.

Du 24 au 26 août, voyage de Boris Eltsine en Pologne. Un accord sur la construction d’un gazoduc qui reliera la Sibérie à l’Allemagne, via la Pologne, est signé. Le 26, il se rend à Prague et à Bratislava. Des traités d’amitié et de coopération sont également signés.

Le 31 août, les derniers soldats russes quittent la Lituanie. Le règlement des compensations doit avoir lieu ultérieurement.

Le 3 septembre, en Crimée, les présidents russe et ukrainien concluent un accord sur la cession à la Russie des armes stratégiques stationnées sur le territoire ukrainien, contre la livraison d’uranium non enrichi. Kiev accepte d’«examiner» le transfert à Moscou de sa part de la flotte de la mer Noire en échange de la remise de la dette ukrainienne à l’égard de la Russie. Le 17, les derniers soldats de l’ex-Armée rouge quittent la Pologne. Le 24, 9 membres de la C.E.I. signent un accord-cadre qui ouvre la voie à une union économique et monétaire, dans laquelle la Russie doit disposer d’un rôle prépondérant.

Le 14 janvier 1994, les présidents Clinton et Eltsine signent la «déclaration de Moscou» dans laquelle leurs 2 pays s’engagent à pointer leurs missiles nucléaires vers des zones non habitées plutôt que vers des cibles stratégiques. Au sujet du projet de «partenariat pour la paix» (consistant à associer les pays membres de l’ancien pacte de Varsovie à certains exercices militaires de l’O.T.A.N. et à des opérations de maintien de la paix en échange de leur adhésion aux valeurs des démocraties occidentales), Boris Eltsine exprime sa volonté que l’intégration de l’Europe de l’Est dans l’O.T.A.N. se fasse d’un seul bloc, Russie comprise, ce qui diffère notablement de la vision américaine.

Le 3 février, le président Eltsine signe à Tbilissi, avec Edouard Chevardnadze, un traité d’amitié et de coopération qui prévoit l’établissement de 3 bases militaires russes en Géorgie, une aide russe à la constitution d’une armée géorgienne, et la défense commune de la voie ferrée qui traverse la Géorgie ainsi que de la frontière de l’ex-U.R.S.S.

Le 17 février, à la demande de la Russie – et non en application des exigences de l’O.T.A.N. –, les Serbes de Bosnie acceptent de retirer leur armement lourd autour de Sarajevo, en échange de l’envoi de casques bleus russes dans la capitale bosniaque, proposé par Moscou. Cette initiative constitue un succès diplomatique pour la Russie.

Le 10 avril, le contentieux russo-ukrainien relatif au partage de la flotte de la mer Noire rebondit avec l’opération menée par la marine ukrainienne contre une petite base russe du port d’Odessa.

Le 15 avril, les présidents russe et ukrainien, Boris Eltsine et Leonid Kravtchouk, concluent un nouvel accord de principe qui est aussitôt l’objet d’interprétations contradictoires de la part des 2 capitales.

Le 30 avril, Boris Eltsine et son homologue letton, Guntis Ulmanis, signent un accord qui prévoit le retrait, avant le 31 août, des quelque 12 000 soldats russes stationnés en Lettonie. Moscou obtient la location, pour 5 ans, de la station radar stratégique de Skrunda, dans le nord-ouest du pays.

Le 22 juin, après des mois de tergiversations, Moscou adhère au Partenariat pour la paix, accord-cadre de coopération militaire proposé en janvier par l’O.T.A.N. aux anciens pays du bloc soviétique.

Le 26 juin, des troupes de la C.E.I. – en fait essentiellement russes – engagent l’opération de maintien de la paix en Géorgie prévue par l’accord signé en mai à Moscou en vue de mettre fin au conflit entre le gouvernement de Tbilissi et les séparatistes abkhazes.

Les 9 et 10 juillet, Boris Eltsine est accueilli pour la première fois au sommet du G7 pour évoquer les dossiers politiques.

Le 26 juillet, Boris Eltsine et son homologue estonien, Lennart Meri, concluent un accord sur le retrait, avant le 31 août, des quelque 2 500 soldats russes stationnés en Estonie. Le 30, ils s’entendent sur le démantèlement, avant septembre 1995, de l’ancienne base navale nucléaire soviétique de Paldiski, près de Tallinn.

Le 10 août, la Russie et la Moldavie concluent un accord sur le retrait des troupes russes de Transnistrie dans un délai de 3 ans. Cette région russophone de la Moldavie s’était proclamée indépendante en 1991, avec le soutien de la XIVe armée russe stationnée sur son territoire. L’exécution de cet accord est toutefois subordonnée à la normalisation complète des relations russo-moldaves.

Le 31 août, les dernières troupes russes se retirent de Berlin ainsi que de Lettonie et d’Estonie.

Le 2 septembre, Jiang Zemin effectue la première visite d’un chef d’État chinois à Moscou depuis celle de Mao Zedong en 1957. Moscou et Pékin s’engagent à ne plus pointer de missiles balistiques l’un vers l’autre et signent un accord sur la délimitation de la partie occidentale de la frontière qui sépare la C.E.I. et la Chine.

Le 5 janvier 1995, l’Union européenne annonce le report de la signature de l’accord de coopération politique et commercial avec Moscou, à la suite de l’intervention armée russe en Tchétchénie. Le 10, le Conseil de l’Europe suspend l’examen de l’adhésion de la Russie.

Le 26 avril, invoquant la situation en Tchétchénie pour justifier sa décision, Boris Eltsine annonce la création d’une nouvelle armée dans le Caucase du Nord, en violation du traité de réduction des armements conventionnels en Europe (C.F.E.) signé en novembre 1990 et dont Moscou réclame la révision.

Le 9 mai, à Moscou, le président français François Mitterrand et le chancelier allemand Helmut Kohl refusent d’assister à la parade militaire et au défilé des anciens combattants qui commémorent la victoire alliée de 1945, en signe de protestation contre l’intervention militaire russe en Tchétchénie. Le président américain et le Premier ministre britannique n’assistent qu’au défilé des anciens combattants.

Le 10 mai, lors du sommet américano-russe, Moscou refuse d’interrompre sa collaboration nucléaire civile avec Téhéran. La Russie accepte toutefois de ne pas livrer à l’Iran de matériel permettant d’enrichir l’uranium.

Le 17 juillet, la Russie et l’Union européenne signent l’accord de coopération politique et commerciale qui était bloqué depuis le début de l’intervention russe en Tchétchénie.

Le 21 octobre, Boris Eltsine effectue une visite à Paris, où il est reçu par le président Jacques Chirac.

Le 15 novembre, invoquant des raisons de sécurité nationale, la Russie annonce qu’elle n’appliquera pas le traité C.F.E. dont la réalisation devait s’achever en novembre 1995.

Le 25 janvier 1996, l’Assemblée parlementaire de Strasbourg approuve l’adhésion de la Russie au Conseil de l’Europe – qui sera effective le 1er mars –, malgré la poursuite de la guerre en Tchétchénie et en dépit de l’avis de la commission juridique qui estime que la Russie «ne peut être considérée comme un État de droit».

Le 2 avril, les présidents de la Russie et de la Biélorussie, Boris Eltsine et Alexandre Loukachenko, signent, à Moscou, un traité d’«union» qui accroît l’intégration économique et politique entre leurs 2 pays.

Les 19 et 20 avril se tient à Moscou un sommet des chefs d’État et de gouvernement du G7 consacré à la sécurité nucléaire. Le président ukrainien Leonid Kouchma, également présent, réclame 3 milliards de dollars d’aide internationale pour fermer la centrale de Tchernobyl. Les lacunes de la sécurité nucléaire en Russie ne sont pas évoquées.

Du 24 au 26 avril, le président Eltsine se rend en visite officielle à Pékin, consacrant ainsi sa volonté de rééquilibrer les relations de son pays en direction de l’Est. Les deux pays règlent plusieurs conflits frontaliers et signent de nombreux accords qui visent à dessiner le «partenariat stratégique d’égalité, de confiance mutuelle et de coordination» qu’ils appellent de leurs vœux pour le XXIe siècle.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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